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Tunisie : Sidi Bouzid, à qui la faute ?

samedi 15 janvier 2011

pourrions tirer des événements récents qui ont eu lieu dans le gouvernorat de Sidi Bouzid et ses délégations, c’est bien le fait que le découragement et le désespoir peuvent mener à des actes et des gestes inattendus dont les conséquences peuvent se répercuter sur l’ensemble du pays et à des degrés différents.

Qu’est-ce qui peut pousser des jeunes à s’immoler de pétrole et se brûler ou à s’électrocuter si ce n’est un sentiment d’injustice, d’humiliation et de perte de dignité ? Si ce n’est la certitude que toutes les portes sont fermées devant eux et qu’il n’existe plus d’issue ou de solution efficiente à cette inactivité qui, de désœuvrement, s’est transformée en un mal de vivre profond ? "Je ne suis pas un diplômé du supérieur et heureusement aujourd’hui, je travaille en tant que chauffeur dans une entreprise privée. J’ai souffert du chômage pendant uniquement un mois dans toute ma vie et je me rappelle que j’étais dans une situation de grande détresse et de nervosité insupportable. A tel point qu’il m’arrivait de sortir torse nu en plein hiver et de chercher la bagarre à qui passait près de chez moi... les voisins ont fini par me détester. Alors quand je vois ces jeunes réagir ainsi, je ne peux que les comprendre".

Le monde repose sur trois bases : l’étude, le travail, la charité, disait Siméon Le Juste. Nos jeunes espéraient, après avoir étudié, pouvoir travailler, ils n’ont même pas pu bénéficier de la charité de ceux qui avaient la responsabilité de les encadrer, de les orienter et de les aider à envisager leur vie autrement que chômeur et choisir de vivre plutôt que de mourir.
A voir tous les programmes mis en place par le gouvernement pour assister les jeunes dans leur quête de l’emploi, à voir toutes ces associations de microcrédits financées par les deniers publics, à voir des banques comme la BTS ou la BFPME dédiées totalement à l’emploi de jeunes diplômés, on se demande comment sommes-nous arrivés là. Là, c’est Gafsa, il y a deux ans, et Sidi Bouzid aujourd’hui. Où est-ce que le bât blesse ? Est-ce une question de communication ?

Où sont partis ces jeunes Tunisiens qui respiraient la joie de vivre ? Qui considéraient leurs diplômes comme la clé vers le succès, vers la réussite et la réalisation de soi ?

Les Tunisiens sont pacifistes, ils n’ont pas de velléité de violence. C’est un peuple profondément civilisé qui préfère négocier plutôt que se battre. Pourquoi des actes de violence ? Si ce n’est l’expression d’un ras le bol relatif à un droit élémentaire, celui de travailler. Ne pas travailler, ne pas arriver à subvenir aux besoins de sa famille ou nourrir les siens représente un coup dur pour la dignité de tout un chacun et suscite un sentiment d’impuissance qui peut mener à des actes tels que ceux que nous avons vu ces derniers jours.

Nous aurions peut-être dû mettre en place des centres d’écoute destinés aux chercheurs de travail pour les aider, les conseiller, les orienter et les éclairer sur les différentes possibilités qui s’offrent à eux pour pouvoir trouver un emploi. Nous aurions dû, au niveau de chaque gouvernorat ou délégation, consacrer un conseiller ou une conseillère qui sache communiquer avec les personnes vulnérables, établir avec elles un dialogue constructif et les aider à surmonter leurs peurs de l’avenir et dépasser leurs angoisses du présent. Que font les 10.000 associations dont des centaines si ce n’est des milliers sont spécialisées dans le développement ? Où sont les composantes de la société civile sensée œuvrer avec l’aide des pouvoirs publics à juguler les risques d’une explosion sociale ?

C’est bien beau de discourir sur les réalisations et les performances économiques du pays. Mais que faisons nous pour que ces réalisations profitent aux jeunes et aux franges de populations fragiles et fragilisées par une conjoncture socioéconomique particulièrement difficile ? Pourquoi, enfin, ce sont les régions de l’intérieur du pays qui ont plus le sentiment d’être lésées et de ne pas profiter des fruits de la croissance du pays et pourquoi les schémas de développement régionaux, n’arrivent pas à ce jour à résoudre le problème des déséquilibres régionaux ?

Ce qui s’est passé à Sidi Bouzid devrait nous appeler tous à réfléchir, qu’il s’agisse d’opérateurs publics, privés ou de médias. Car les médias ont également leurs responsabilités dans le fait de ne pas parler suffisamment des régions et de ne pas informer l’opinion et les autorités publiques des maux dont elles souffrent.Nous sommes doublement responsables lorsque nous laissons d’autres médias informer les premiers sur des événements qui ont lieu dans notre pays. Car justement le fort des nouvelles technologies de l’information et de la communication est la réactivité des différents publics du net et la fluidité de l’information. La critique est facile, l’art est difficile, lorsque nous n’assurons pas, ce sont les autres qui le font, à leur manière. Peut-on le leur reprocher ?

Nous sommes tous responsables autant que nous sommes. Nous devons le reconnaître et assumer nos erreurs de jugements, notre passivité et notre indifférence à tout ce qui ce passe hors de la capitale. Ce qui s’est passé ces jours-ci doit nous inciter à mieux faire, nous impliquer plus dans l’avenir de notre pays et accorder plus d’importance aux régions.

Les politiques de développement menées jusqu’ici par l’Etat n’ont pas l’air d’avoir donné leurs fruits, il faudrait peut-être les revoir et investir plus pour attirer les investisseurs dans les régions déshéritées.

L’éducation pour tous représente un attribut important pour le pays, encore faut-il que cette éducation réponde aux besoins du marché de l’emploi pour qu’elle ne se limite pas à n’être qu’une éducation…sans plus. Plus d’efforts doivent donc être déployés et de fonds débloqués pour que l’enseignement ne soit pas dénué de sa consistance et de sa dimension pratique qui doivent être au service du développement économique du pays.

Où est notre leadership sensé anticiper, prévenir et sensibiliser ?

Aux dernières nouvelles, le groupe Abdennadher aurait annoncé la réalisation d’un projet industriel dans la région de Sidi Bouzid. Le groupe Elloumi, une usine de composants autmobiles. Fallait-il attendre que des événements dramatiques s’y déroulent pour penser y investir ?

Pourquoi faut-il que la coupe déborde avant que l’on réagisse de manière efficace ? Pourquoi notre gouvernement ne servirait-il pas lui-même de tête de file dans les régions pour y encourager les investissements ?

Le travail, c’est la santé, c’est la réalisation de soi, c’est la préservation de sa dignité et la conscience de son humanité et surtout de sa citoyenneté