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AWING en bref

jeudi 3 février 2011

AWING

La bande à discorde
Les premières échauffourées éclatent en mai 1999. on prépare la célébration de la fête de l’unité cette année-là. Mais, l’unité est loin d’être scellée entre Baligharn et Awing, deux villages qui sont pourtant obligés de partager les mêmes frontières.
Une sortie qui s’achève avec la mort de quatre personnes, dont un prince de la chefferie Baligham. Il a été brûlé vif par des assaillants. Tout comme 69 cases ont été incendiées. Les dégâts sont partagés. On a du mal à comprendre les raisons de ce soulèvement. A l’époque, une première commission est mise sur pied et présidée par le préfet de la Mezam. Elle a pour tâche de régler ce conflit.
Trois à quatre séances de tra¬vail sont organisées, avec pour objectif de déterminer le propriétaire d’un terrain d’environ 2500 m2, situé au quartier Gahyeba, entre les rivières Kucti (proche de Awing) et Nkwanmifi (dans la périphérie de Baligham). Les protagonistes ne s’entendent pas. Les Baligham pensent que cet espace leur revient. Pour soutenir leur thèse, ils brandissent un document signé de l’époque coloniale. Ce document porte la griffe de M. Ripert (chef de la circonscription de Dschang) et Hawkesworth (adjoint du district de Bamenda). On y retrouve également la signature de M. Dou (adjoint au chef de la circonscription de Dschang et par- ailleurs chef de la sous-division à Foumban. Le document qui date de 1926, montre les levées topographiques et les limites.
En face, les Awing ne sont pas convaincus. Ils sor¬tent à leur tour un document cadre intitulé Ngemba Mojamow area, signé le 16 avril 1926, pour dire que Baligham n’existait pas à l’époque. Et que ce sont eux qui, par pitié, ont permis aux Baligham de s’installer sur leur terre. Entre vérités et contre-vérités, l’admi¬nistration actuelle se perd dans les dédales des textes coloniaux. Qui a finalement raison ? Difficile d’y apporter une réponse. En 2006, un second conflit entre les deux villages provoque la constitution d’une seconde commission. On croit que tout va s’arranger,
surtout que les morts continuent à tomber. La com¬mission nouvellement créée décide d’effectuer une descente sur le terrain. Chaque village doit contribuer à hauteur de 125.000 FCFA. Un peu moins que la pre¬mière fois. 250.000 francs. Pourquoi ces commissions tardent-elles à rendre leur copie ? Le Fon de Awing pense qu’elle est confrontée à un seul aléa : "La véri¬table cause c’est l’affectation régulière des autorités administratives. Quand un sous-préfet arrive nouvel¬lement et veut s’enquérir les mouvements dans la pré¬fectorale font qu’il abandonne notre dossier pour son successeur. Et c’est comme cela tout le temps. Le pre¬mier forme une commission qui est différente de celle mise sur pied par le second, et la chaîne recommence. Chacun d’entre eux forme des commissions qu’il faut revoir ", soutient S.M Foro n.
Au fil des jours, et à écouter les individus d’un camp comme de l’autre, l’administration est accusée d’entretenir le flou. Elle qui ne veut pas prendre une décision idoine pour éviter des sorties du genre de la semaine dernière. L’administration publique de son côté ne se reproche de rien. " Je ne peux pas caution¬ner le fait des lenteurs. Vous savez que dans ce genre de conflit récurrent, je ne peux pas penser à une len¬
teur administrative. Je pense plutôt à la mauvaise foi. Parce que, je ne peux pas imaginer deux chefferies tra¬ditionnelles vieilles de longues dates ne puissent pas s’accorder. La lenteur administrative est justifiée par le fait que, chacune des parties, exhibent des argu¬ments contradictoires. Bien que invoquant la même référence de plan cadastral colonial", soutient le pré¬fet de la Mezam, Bertrand Mache. Ce dernier en a même contre certaines personnes : " Il Y a aussi une forte dose d’intoxication entretenue par des lites tapies dans l’ombre, qui compliquent la situation. Je dois dire que j’ai été surpris de constater qu’entre dêUX chefs traditionnels voisins, il n’y avait même pas de contact, ne serait-ce qu’informel. Cela ne m’a pas surpris cette fois-ci. J’ai eu l’occasion de descendre sur les lieux lors d’une tournée de prise de contact, pour me rendre compte du niveau d’intolérance que des gens peuvent se vouer. Alors qu’il est établi qu’il y a des mariages intercommunautaires dans cette zone ".
Quelles sont les solutions envisageables ? Le patron de la Mezam en propose deux : " La première ,’oudrait que les deux chefs traditionnels puissent se retrouver, aller sur le terrain pour s’entendre sur une ligne de démarcation à proposer à l’administration pour une mise en application immédiate. Les deux n’ont pas accepté cette proposition. La deuxième consistait pour eux de me fournir ce qu’ils considèrent comme étant leurs cartes.
Là, je me ferai le devoir, avec mes services techniques, de retrouver sur la base des références la carte coloniale, de manière à envoyer des géomètres sur les lieux pour la démarcation. Je leur ai dit que j’espère qu’en acceptant sans pression cette seconde voie, demain l’autorité administrative ne sera pas taxée de tous les noms, parce que l’une des parties n’aura pas trouvé son compte ", a conclut Bertrand Mache. TI revient aux principaux protagonistes de jouer la carte de l’apaisement.