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Comment développer le Cameroun à travers la (...)

dimanche 21 novembre 2010

La décentralisation consiste en un transfert par l’Etat, aux collectivités territoriales décentralisées, de compétences particulières et de moyens appropriés pour le développement local, l’amélioration des conditions de vie des populations. Qu’il me soit permis ici de développer quelques pistes de réflexion sur les voies et moyens de développer le pays à partir du bas pour que la décentralisation ne soit pas un simple processus de d’émergence des fiefs, une simple occasion d’établissement d’une république des notables sans impact majeur sur la lutte contre la pauvreté ou la qualité de vie des populations. L’on ne cessera pas de le dire, les magistrats municipaux doivent être conscientisés aux maximum et par tous les moyens. C’est en façonnant la pensée des peuples que les sociétés évoluent, que les réformes prennent corps. Cette tribune est faite pour conférer aux maires qui se donnent la peine d’acheter un journal, et le lire, les aptitudes et les attitudes favorables à la décentralisation et son objectif principal, le développement de l’’homme. Un maire qui veut participer au développement, doit développer les attitudes et aptitudes ci-dessous :
Développer l’écoute
Les visiteurs de tous genres qui veulent entrer dans les bonnes grâces d’un maire ou demander ses services les poursuivent de leurs assiduités. Il est important de prendre son temps pour les écouter. Écouter n’est pas simplement observer le silence ; mais il s’agit d’une véritable activité : assis droit, parfaitement immobile, les mains croisées sur les genoux ou sur la table, vous faites face à votre interlocuteur ; vous écoutez autant avec les oreilles qu’avec les yeux. Vous réfléchissez à ce qu’il dit et à ce que vous avez à dire, de sorte qu’à la fin de l’entretien, la personne qui vous parlait, a la conviction d’avoir été comprise. Le plus souvent, ce que les gens recherchent, c’est un auditeur amical ; compréhensif qui peut leur permettre de vider leur sac de problèmes, sans qu’ils soient interrompus, contredits ou irrités. Lorsque vous ne voulez pas vous exprimer sur un sujet, vous laissez passer un ange, l’air de dire : je sais mais je me tais. Mais une écoute nuancée
L’évidence n’est pas ce qui saute aux yeux, mais ce dont je ne peux douter malgré les efforts. C’est le produit de l’esprit critique, non pas une évidence juvénile, mais une évidence quadragénaire. Ecoutez des histoires, des comptes rendus, des plaintes, des points de vue, des accusations, des revendications, sans y répondre de façon immédiate et définitive. Il ne faut pas facilement se laisser prendre au jeu des imbéciles à la langue bien pendue, en prenant position, de prime abord, face à des plaintes dont on ignore les tenants et les aboutissants.
Développez une pensée nuancée
La plupart des individus portent des jugements manichéens et immédiats sur les choses, qu’ils cataloguent aussitôt bonnes ou mauvaises, vraies ou fausses. Vous apprécierez les situations en vue de prendre des décisions sages. La pensée nuancée consiste à refuser de se faire une opinion sur une question, sans être au courant de l’ensemble des informations et des arguments les plus pertinents sur le sujet. C’est la capacité à garder simultanément à l’esprit deux idées opposées, tout en restant lucide.
Développez une pensée affranchie
La pensée affranchie est celle qui est affranchie des émotions. Si nous voulons être sensés, nous devons nous efforcer d’éliminer l’émotion inconsidérée. Dans The mind of primitive man, (la pensée de l’homme primitif), l’anthropologue Franz Boas, indique que l’homme primitif possède le même genre d’esprit que l’homme civilisé mais, qu’il est plus étroitement lié à l’affectivité. Boas estime que la civilisation n’accroit pas l’entendement, mais diminue l’association des émotions et des idées et qu’elle aide à penser plus clairement.
Encouragez la gestion participative
Le maire ne doit jamais oublier que dans la commune, il n’est que le Primus inter pares, c’est-à dire le premier parmi ses pairs. Il est la pièce dirigeante d’un groupe d’hommes et de femmes élus démocratiquement et appelés à travailler ensemble pour définir les objectifs, arrêter les stratégies, élaborer des programmes d’actions et convenir d’un système d’évaluation. Il n’est pas celui qui décide, mais celui qui crée les conditions, avalise les décisions prises par le conseil municipal.
Soumettez vos actes au contrôle éthique préalable
Avant de prendre une décision, avant d’engager une action assurez-vous qu’elle est conforme à ‘éthique. L’éthique, c’est le souci des autres. L’existence des autres, les multiples relations entre eux et vous constituent le point de départ le plus universel de toutes les formes d’éthique. Imaginons que les autres n’existent pas et que vous étiez seul au monde, il n’y aurait pas de problèmes éthiques. L’éthique, c’est d’abord la question des autres. Le souci que nous avons de leur existence, de leur présence, de leurs attentes, de leurs désirs, de leur dignité et de leur liberté. Parvenir à aimer tous les êtres humains comme on s’aime soi-même est un objectif que personne n’est sûr de pouvoir atteindre. L’éthique est plus modeste et plus accessible. Elle dit à peu près ceci : « Pense que les autres sont là. Commence par ne pas leur faire subir ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».La seule présence du visage de l’autre, est pour chacun de nous, une exigence et un appel. Après le souci de soi que nous avons légitimement, l’éthique nous invite au souci des autres. La tendance naturelle de l’homme, c’est l’appropriation, c’est l’auto-appropriation. Qui vient de cracher dans la soupe la garde pour lui ; nul ne touchera plus à la salade ou au fromage qu’il a ainsi pollués. Pour conserver quelque chose en propre, le corps sait y laisser quelques taches personnelles : sueur sur le vêtement, salive dans le mets, ou pieds dans le plat, déchet dans l’espace, parfum ou déjection, mais aussi le nom, sa signature, à l’encre, sur la couverture d’un livre. Nul ne voudra coucher dans vos draps, se servir de votre serviette usagée, ni boire dans votre verre. La propriété se marque, comme le pas laisse la trace. Un hôtel nettoie ses chambres pour les mettre à la disposition d’autrui sinon nul ne s’arrête. Propre équivaut à sans propriétaire, libre d’accès. En d’autres termes, propre et sale renvoient à cette invite : passez là, empruntez ce lieu nettoyé, vous le pouvez, il vous accueille ou sortez maintenant, vous venez de salir ; il vous appartient. Je dois dire que ce comportement est surtout l’apanage des animaux : le tigre pisse aux limites de sa niche, le lion et le chien aussi. Comme ces carnassiers, beaucoup d’animaux marquent leur territoire de leur urine, dure, puante ; et de leurs abois ou même de leur chansons douces, comme les rossignols. L’éthique donc, c’est cet effort de reconnaitre aux autres, leur espace vital, de ne pas se laisser aller au naturel, de faire un effort culturel d’acceptation des autres. L’éthique, c’est aussi, au-delà des intentions, ou de la reconnaissance des autres, les conséquences possibles de l’action projetée sur le bonheur des personnes. Il s’agit de discerner ce qui a le plus de chance de rendre possible une vie meilleure à un grand nombre de personnes. L’utilité des actes et du comportement est liée à leurs conséquences pratiques dans les sociétés. On parle d’utilitarisme ou de conséquentialisme. Ce n’est plus le bonheur intérieur du sage, la sérénité de l’âme. Il s’agit plutôt du bonheur matériel, des facteurs de bien-être, bref, de tout ce qui est susceptible de diminuer la pauvreté, d’allonger la durée de vie, d’améliorer la qualité des soins ou des transports, des conditions de vie en général.
Soumettez vos actes au contrôle légal préalable
Les actes d’un maire doivent avoir un fondement juridique sinon, ils seraient détachables du service et mettraient en cause la responsabilité du maire qui se verrait trainer devant les tribunaux. Développez la culture du résultat
Quand on met bout à bout les peuples et les individus, ils sont majoritaires, ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable, ou à d’autres infrastructures sociales. Le succès d’un maire se mesure à sa capacité d’offrir aux citoyens le plus petit dénominateur commun en termes de bonheur qu’ils sont en droit d’attendre. Comment y parvenir ?
1-Il faut se fixer des objectifs SMART, c’est-à dire spécifiques, mesurables, ambitieux, réalistes et définis dans le temps. La formulation d’un objectif doit répondre aux questions-clé suivantes :

- Quel résultat produire ?
pour qui ?

- Quand ?
Le délai ;

- A quel prix ?
2-Déterminer les priorités
Tous les objectifs ne sont pas prioritaires. Les activités quotidiennes se divisent en quatre catégories :
a- Les choses que nous voulons faire et que nous sommes tenus de faire (urgent et important) ;
b- Les choses que nous sommes tenus de faire mais que nous ne voulons pas faire (non urgents et important) ;
c- Les choses que nous voulons faire mais que nous ne sommes pas tenus de faire (urgent et non important) ;
d- Les choses que nous ne voulons pas faire que nous ne sommes pas tenus de faire (non urgent et non important).
Les deux premières priorités se placent dans le a et le b. Le c est plus prioritaire que le d.
Les mauvais gestionnaires s’occupent des objectifs qui relèvent de d.
Le bon gestionnaire se préoccupe sur l’essentiel. Si vous êtes un maire de cet acabit, vous allez vous faire envahir par d’autres taches et serez moins efficace. Un « yes man »soumis. Apprenez à refuser. En disant non lorsque c’est nécessaire ou c’est impossible, au regard de votre caisse, vous gagnez en crédibilité et vous atteignez facilement vos objectifs.
Le mythe de la vie après la mort
· Permettez –moi d’utiliser un mythe que j’ai construit, pour mois même et qui gouverne mes actions dans la vie privée, professionnelle, et intellectuelle. Les mythes traitent toujours des questions qui se posent dans les sociétés qui le véhiculent et ont un lieu direct dans la structure religieuse et sociale du peuple, et avec sa cosmogonie. Imaginez que vous assistez à un enterrement d’un être cher. Vous ressentez la peine partagée par tous, d’avoir perdu quel qu’un. Lorsque vous vous penchez sur le cercueil, vous vous rendez compte que c’est à votre propre enterrement que vous assistez. Que voulez vous que chacune des personnes qui vous assistent disent de vous ? Quel type de responsable avez-vous été d’après elle ? Quelle action, quel succès souhaitez-vous qu’elles valorisent ? Quelle est la valeur ajoutée à votre passage de maire leur a apportée ? Si vous visualisez en permanence ce mythe, vous serez incité à entreprendre ce que vous désirez que l’on dise de vous à votre enterrement.
L’essentiel est de commencer aujourd’hui avec l’image, la représentation du mythe de la vie avant la mort pour redéfinir vos références et réorienter vos priorités. Vous allez alors vous engager dans un vaste programme de travail utile pour la société. Et si tout le monde se prend en charge par son propre ressort, le Cameroun se développera tout seul.
Faute par les communes de se prendre en charge effectivement par le travail et l’imagination, le transfert de compétences en cours, à leur profit, ne changera rien à la donne. Bien au contraire, on arrivera au regret exprimé très souvent entre les générations, selon lequel, si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. Et qui se transformerait dans notre cas, par, si l’Etat savait ; Si la commune pouvait.
Les plus pessimistes diraient alors : décentralisation, où es-tu ? Tandis que les plus optimistes rétorqueraient, que si on avait formé et informé les acteurs de la décentralisation, on aurait eu des résultats probants. Dans l’un ou l’autre cas, non seulement il sera tard, mais, aussi, le bilan ne sera pas glorieux.