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Comment le panel a siégé à Addis Abeba

vendredi 11 mars 2011

Le film de la journée du 10 mars à Addis Abeba Il a fallu beaucoup de fortifiants aux chefs d’Etat pour tenir la cadence. Hier, pour la conclusion de ses travaux, le Panel de haut niveau mis en place par la conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine, avait rendez-vous au siège de l’UA. Une journée marquée par différents étapes. Voici le film :
l 8 heures : les Experts techniques et les délégués du panel des chefs d’Etat chargés d’appuyer le Groupe des cinq, se retrouvent au siège de l’UA pour peaufiner les dernières touches en vue des décisions. La réunion, débutée la veille n’a pu être conclue du fait de quelques divergences de vue entre les Panélistes. Si tous sont d’accord pour reconnaitre à Alassane Ouattara son élection, certains membres du Panel veulent lui fournir au perdant plus de garanties qu’il n’en a droit ou ne mérite.

9 h. Affi N’Guessan, conduisant la délégation qui représente Gbagbo prend place dans l’un des salons attenant à la salle de la Réunion. Il est rejoint plus tard par Alcide Djédjé, avec une pile de documents sous les bras. Affi lit ses notes et surligne beaucoup de passages au marqueur jaune.

10h50 : Le Président Ould Abdel Aziz de la Mauritanie arrive avec ses collaborateurs. C’est lui l’orateur principal du jour en tant que président du Panel des cinq chefs d’Etat.

11h04 : C’est la Tanzanien Jakaya Kikwete qui s’annonce très discrètement.

11h 10 : Compaoré arrive. On reconnait parmi ses proches, les ministres Bouraima Badini, son ancien Représentant spécial en Côte d’Ivoire dans le cadre de la Facilitation dans la crise ivoirienne. Cinq minutes plus tard, il est suivi par le Président Tchadien, Idriss Deby Itno.

11h22. Jean Ping, président de la Commission de l’UA échange longtemps avec l’Algérien, Ramtane Lamamra, Commissaire en charge de la paix et de la sécurité. Il perd patience, car les Experts semblent traîner les pas, alors que le délai donné est largement dépassé. Il devra patienter du reste car Jacob Zuma est absent.

11h23 : A peine les deux personnalités de l’UA se quittent qu’un des véhicules blindés de type Mercedes transportant les chefs d’Etat, battant pavillon sud-africain, stationne. Le chef de la nation arc-en-ciel en descend. Il passe en revue les délégations et ignore royalement Affi et Djédjé. Il se dirige vers Kikwete avec qui il échange de larges sourires et va s’installer.

11h30 : Toutes les délégations sont là. Jean Ping sent que les blocs se forment et les envoyés de Gbagbo, isolés, se plongent dans une lecture qui ne finit pas. Le diplomate approche les deux hommes et les prie d’aller saluer les chefs d’Etat. Ouf ! Affi peut avoir le sourire. Le complexe était trop grand. Alors, tour à tour, conduits par Ping, mué en chef du protocole, les envoyés de Gbagbo se rendent dans les salons mauritanien, sud-africain et tchadien. Il a fallu que Ping insiste pour une visite à la délégation du Burkina Faso. Entre voisins, les retrouvailles devraient être chaleureuses. C’est pourtant le contraire. Les poignées de mains sont froides. Aucun sourire de part et d’autre. Un caméraman burkinabè s’indigne. « Comment peut-on être ingrat jusqu’à ce point, vu tout ce que Compaoré a fait pour la Côte d’Ivoire ? Nous burkinabè, ça nous fait mal que notre Président soit trainé dans la boue ».

11h 34 : Ping s’informe auprès du protocole de l’Etat de Côte d’Ivoire si « Monsieur Ouattara est en route ». Réponse négative.

11H 57 : Tout le monde en salle. Seuls les chefs d’Etat membres du Panel, le Président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho, l’ambassadeur du Nigéria et le Représentant spécial du Président de la Commission de l’UA en Côte d’Ivoire, Ambroise Niyonsaba, y ont accès. C’est l’heure de faire le point pour la Panel.

12h 20 : Branle bas des reporters photographes, cameramen et journalistes. Un véhicule du type de celui qui conduit les chefs d’Etat, vient de garer, précédé de l’escorte présidentielle. Du coté droit, sort Alassane Ouattara. Le chef de l’Etat ivoirien est bombardé de flashes. « Dis donc, vous êtes bien nombreux ! », dit-il à l’endroit de ce comité d’accueil bien bruyant qui a voulu lui arracher un mot. « Qu’attendez-vous de cette rencontre », lance un journaliste qui n’aura pas de « mot ». L’ambassadeur ivoirien à l’ONU et le ministre des Affaires étrangères se dirigent vers les membres du FPI pour détendre, d’entrée, l’atmosphère.
ADO, lui, se dirige droit vers les membres des délégations assis de part et d’autre. Tour à tour, il visite Tchadiens, Tanzaniens, Mauritaniens, Sud-africains et Burkinabè. Le protocole lui souffle à l’oreille que ses frères ivoiriens représentants de Gbagbo sont là. Le chef de l’Etat ne trouve aucune gêne à se diriger vers ses jeunes frères à qui il tend de chaleureuses poignées de mains. Trouvant des mots amicaux pour chacun d’eux. Comme au Président du FPI à qui il affirme qu’il a perdu du poids.
Le chef de l’Etat, après ses salutations prend place au QG de la délégation sud-africaine. S’engagent alors de longues conversations en Anglais, entre les conseillers de Zuma et l’ancien Directeur général adjoint du FMI. Comme de vieux amis, ADO et les Sud-africains échangent dans la bonne humeur.

12h 52 : La porte s’ouvre sur le Panel. C’est la fin des travaux de restitution. Les cinq chefs d’Etat sortent et chacun, comme dans une mise en scène, fait les accolades à ADO. Sans mot dire. Par tour de rôle, Zuma, Kikwete, Deby, Compaoré et Ould Abdel Aziz. Affi et ses camarades du FPI, jalousent cette complicité et plongent encore plus leurs yeux dans la paperasse éparpillée sur leur table.

13h : Pas de temps à perdre. Les chefs d’Etat se retrouvent au deuxième niveau du siège de l’UA. Cette fois, la réunion est élargie à un plus grand nombre de personnalités, dont les Experts. Objectif : harmoniser les points de vue sur ce qu’il faut dire aux deux délégations ivoiriennes.

13 h 45 : Ouattara est appelé à la salle 209. Il est accompagné de ses principaux collaborateurs, membres de la délégation. Gon Coulibaly, Mabri Toikeusse, Kacou Gervais, Bamba Joseph et Koné Mamadou. Un coup d’œil furtif dans la salle indique qu’il prend place au siège un. Sur sa table, le drapeau de la Côte d’Ivoire et face à lui, on peut lire : SEM. Alassane D. Ouattara.

14h 40 : Ouattara et sa délégation ont fini les échanges. Ils sortent de la salle. Les journalistes sont encore là. Le chef de l’Etat leur donne rendez-vous pour « 17 heures », à la réunion du Conseil de paix et de sécurité. Après une séance de débriefing d’une demi-heure environ, la délégation présidentielle s’ébranle vers la résidence officielle. Il est fait appel à Affi N’Guessan et Alcide Djédjé, soutenus par L’ex-ambassadeur ivoirien en Ethiopie, l’ambassadeur Lobognon Pierre et Amalaman Gilbert.

15h 25 : Affi et ses amis sortent de la salle. L’expression de leur visage présage d’un coup de massue reçu. La question des journalistes est inévitable. Affi est au micro.

Q : Qu’avez-vous dit au Panel ? R : Nous avons entendu le Panel et tenu à en savoir davantage. Le Panel a reporté sa réponse pour plus tard. Donc, nous attendons pour le moment que le Panel nous donne plus amples informations sur ses propositions.

Q : Quelles informations vous ont-elles été données ? R : Oh, mais …Disons, tout ce qui fonde la proposition faite que je ne voudrais pas vous divulguer puisque ce n’est pas de mon ressort. Au moins, nous voulons savoir quelles sont les bases, les arguments qui fondent la proposition et pour le moment, nous n’avons pas encore de réponse, nous attendons d’être fixés.

15h 47 : C’est la fin de la Réunion. Les chefs d’Etat sortent de la salle et se dirigent vers le restaurant du siège de l’UA.

16h : Après des minutes d’échanges téléphoniques, avec Abidjan certainement, Affi convie les journalistes à un point de presse. Coup de théâtre. Sans attendre les « arguments » qu’il avait demandés quelques minutes plus tôt, il charge : « Nous avons estimé que c`est une proposition inacceptable. Malheureusement, nous avons constaté que le panel de haut niveau s`est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l`incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision ». Bien évidemment, il faut battre le fer quand il est chaud. Télé et radio LMP sont à l’enregistrement pour balancer les sons à Abidjan afin de chauffer à blanc les inconditionnels.
16h 4O : Après leur déjeuner, les chefs d’Etat se retrouvent par délégation. Les commentaires, à en croire les oreilles indiscrètes, sont focalisés sur la réaction des envoyés de Gbagbo. Certains parlent de « réaction stupide » quand d’autres Anglophones, parlent de « nonsense ». Les sautes d’humeur des envoyés LMP ne sauraient faire reculer l’UA.

17h10 : ADO et ses collaborateurs sont de retour. Vu les derniers développements, on lui demande de patienter un peu en attendant les conclusions.

17h19 : Les chefs d’Etat se retrouvent dans la salle des plénières du siège de l’UA. Ils ont été rejoints, comme nous l’annoncions hier, par Toumani Touré du Mali et le numéro trois du régime libyen. A la Côte d’Ivoire, cette 265e réunion du CPS qui s’ouvre, devra ajouter le dossier brûlant de la crise libyenne. La réunion du CPS s’ouvre sans la presse et sans cérémonie officielle. Y a-t-il anguille sous roche ?

17h25 : Il avait annoncé son arrivée en fin de compte, par un communiqué, pour ce vendredi 11 mars. Mais Obiang Nguema, Président de l’UA est annoncé. Il déroute le protocole et passe par l’entrée secondaire. Il a été précédé cinq minutes avant par le despote zimbabwéen, Robert Mugabe.

19h10 : Affi N’Guessan et sa délégation sont appelés à rejoindre les chefs d’Etat. Bien avant eux, La délégation du chef de l’Etat était autorisée à entrer dans la salle. La délégation d’Affi N’Guessan, représentant Laurent Gbagbo, a tenté selon des sources proches de la réunion, de travestir les faits, d’induire le Panel en erreur. Dans un long pamphlet, le président du FPI, croyant avoir affaire à cette race de « jeunes patriotes » manipulés, a lu un texte qui a fait dormir même ses supposés partisans que sont Robert Mugabe et Obiang Nguema. Affi N’Guessan a osé dire que Laurent Gbagbo n’a pas fait le déplacement à Addis-Abeba, contre son gré. Et qu’il est resté à Abidjan « en raison de la dégradation de la situation ». Le président du FPI a indiqué aux chefs d’Etat totalement médusés, que les militants LMP sont « pourchassés et tués à Abidjan ». Certains, dit-il, sont réfugiés au Mali et au Liberia pour éviter d’être massacrés et brûlés, « du fait de la barbarie du RHDP ». Il poursuit que ceux qui veulent brûler la Côte d’Ivoire ont commencé à détruire les domiciles des cadres LMP.
Sur tout un autre chapitre, Affi N’Guessan a indiqué que les conclusions du Panel des chefs d’Etat de l’UA ont été prises plutôt pour perpétrer « le coup d’Etat électoral » d’Alassane Ouattara. « Il n’est pas sûr que le retrait de Laurent Gbagbo peut ramener la paix ». « Gbagbo, poursuit-il, a gagné les élections partout en Côte d’Ivoire. Aussi bien au Nord, au Centre qu’à l’Ouest ». Affi a parlé. Les Chefs d’Etat, bien que ulcérés par ce ton très peu courtois et civilisé de s’adresser à eux, lui ont laissé tout le temps.
Mais le soin est revenu au Commissaire de l’Union chargé de la paix et de la sécurité, l’Algérien Ramtane Lamamra de sonner la charge. Prenant point par point les récriminations de l’envoyé de Laurent Gbagbo, il a indiqué, d’entrée, que la cause de la crise postélectorale est le Conseil constitutionnel qui a non seulement, « outrepassé » son pouvoir mais aussi violé le Code électoral « en annulant partiellement le scrutin au lieu de procéder à une annulation totale » et en ordonner l’organisation d’un nouveau. « Il est troublant, a indiqué le diplomate, que le Conseil Constitutionnel ait « annulé plus de 600 mille voix, juste pour inverser un résultat », tout en soutenant que « les incidents intervenus n’étaient pas de nature à affecter le scrutin. Pour le diplomate, Yao N’Dré et son Conseil ont fait fausse route. En ce qui concerne le délai de trois jours qu’aurait violé la Commission Electorale Indépendante, le Groupe d’Experts du Panel a démonté cet argument spécieux. Pour eux, les représentants de LMP ont poussé expressément la CEI à ce qu’ils croient comme une « faute. Les faux arguments de LMP ont été tous, l’un après l’autre, détruits par le patron du groupe des Experts. L’Algérien a expressément choisi de parler l’anglais pour se faire comprendre, de certains membres du Panel, dont Jacob Zuma, notamment qui, a un moment donné, semblait avoir une lecture étriquée sur la crise ivoirienne. Sur les prétendues fraudes au scrutin, le rapporteur du Panel a ramené Affi N’Guessan à ses copies en lui disant que la quasi-totalité des PV ont été signés à la base par tous les représentants des candidats. Si Yao Paul N’Dré, président du Constitutionnel n’a pas répondu à l’invitation du Panel, Lamamra pourrait avoir une explication. C’est une fuite en avant comme le voleur qui fuit le Tribunal convaincu de son forfait. Avec quatre régions indexées par les requêtes de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara était toujours vainqueur. Il fallait donc annuler systématiquement d’autres régions. Ce qui fut fait.

Le débat est clos L’Union Africaine, ont indiqué les membres du Panel, ne pouvait donc cautionner pareille forfaiture. C’est pour cela, que définitivement elle a clos le débat sur l’élection d’Alassane Ouattara. Reste maintenant de savoir les décisions qui ont été prises. Le Communiqué final sanctionnant la 265e réunion du Conseil de Paix et de Sécurité tardait à être publié. Toutefois, le draft que nous avons pu consulter reconnait en son point 2, « l’élection de M. Alassane Dramane Ouattara en qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire ». Le Conseil de paix et de sécurité sur cette base, tout en « réaffirmant sa conviction que la crise postélectorale en Côte d’Ivoire requiert une solution politique d’ensemble », a décidé de faire des propositions détaillées en cinq points dans un document tenu encore secret. Il s’agit entre autre d’un gouvernement d’union nationale, des mesures à prendre pour le cadre institutionnel, des mesures d’apaisement et d’accompagnement. L’Union Africaine se donne encore un délai de « deux semaines maximum » afin que les négociations s’engagent entre les membres du CPC que sont Ouattara, Gbagbo, Bédié et Soro pour discuter notamment sur la formation du gouvernement.
L’Union Africaine, en outre, va désigner incessamment un Haut représentant qui sera chargé de la mise en œuvre du processus de sortie de crise, en liaison avec un Comité de suivi au sein duquel siégeront la CEDEAO et les Nations Unies. Alassane Ouattara attend donc avec impatience que Laurent Gbagbo soit visité par la raison. Pour l’Union Africaine, l’investiture du Chef de l’Etat devrait intervenir dans le délai de deux semaines par le Conseil Constitutionnel. La cause est entendue. La page est tournée. La Côte d’Ivoire en ouvre une autre. Celle de la prise du pouvoir effective du chef de l’Etat.

Réalisé par Charles Sanga à Addis-Abeba