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Les Tunisiens refusent toujours de lever le siège du gouvernement
mardi 25 janvier 2011
Le porte-parole du gouvernement de transition a annoncé lundi 24 janvier 2011 l’imminence d’un remaniement ministériel, alors que des milliers de manifestants ont encore exigé le départ des caciques du régime Ben Ali. Les Tunisiens battent toujours le pavé devant le siège du gouvernement à Tunis et, une nouvelle fois, ont bravé le couvre-feu pour demander le départ des ministres en poste sous l’ancien régime. Même le chef d’état-major de l’armée n’a pas réussi à les convaincre de lever le camp. Au sein du pouvoir, c’est encore l’hésitation mais on sent clairement que les lignes sont en train de bouger. Face à la mobilisation de la rue, les nouvelles autorités ne peuvent pas rester sourdes.
Taieb Baccouch, le porte-parole du gouvernement, a annoncé un prochain remaniement. Il reste cinq postes à pourvoir en raison des cinq démissions de la semaine passée, mais d’autres départs pourraient survenir, a-t-il laissé entendre alors que la rue réclame le limogeage de tous les ministres issus de l’ancien régime.
De leur côté, les militaires –très populaires depuis qu’ils ont refusé de tirer sur la foule dans les dernières heures du régime Ben Ali-, se sont exprimés. Le général Rachid Ammar, le chef d’état-major, s’est adressé aux manifestants qui bloquent le siège du gouvernement. Il leur a assuré que l’armée était garante de la révolution et donc aux côtés du peuple, mais il a demandé aux jeunes manifestants de lever le siège et ce afin que le gouvernement travaille. Ce gouvernement ou un autre a-t-il d’ailleurs précisé, évitant d’apporter un soutien trop clair à cette équipe ministérielle. Il a aussi évoqué des « forces obscures » qui tentent de récupérer la révolution et de provoquer un vide politique.
Les manifestants l’ont écouté, ils l’ont même applaudi mais ils ont refusé de lever le camp. Dans la foule les commentaires étaient assez clairs : selon un manifestant le peuple a suffisamment écouté les dirigeants ; pour une fois, c’est aux dirigeants d’entendre le peuple disait un vieil enseignant.